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Le VRAC en épicerie

Le VRAC : retour aux sources ?

Dans sa réflexion sur le renouveau du métier d’épicier, qu’il soit traditionnel, bio, ethnique ou fin, la FNDECB a rencontré une toute jeune association qui soutient le développement de la vente en vrac. Créée le 10 mars 2016, Réseau Vrac est la première et unique association interprofessionnelle au niveau mondial pour structurer et promouvoir la filière du vrac.

Elle a pour ambition de concourir au développement des systèmes alimentaires et non alimentaires durables. L’association est animée par une équipe de 10 professionnels du secteur, s’appuie sur 2 expertes en droit et en hygiène et regroupe plus de 370 adhérents.

Sa directrice, Célia RENNESSON, nous donne les clés pour comprendre ce (re)nouveau marché et inciter à son développement.

Qu’est-ce que le VRAC ?

Le vrac regroupe la vente de produits non préemballés, sans emballage jetable. On parle de quasi-vrac car certains freins législatifs ou d’hygiène ne permettent pas de proposer l’ensemble des produits pré-emballés que l’on trouve dans un commerce traditionnel. Le client apporte ses propres contenants, tarés à son arrivée en magasin, et il n’achète que ce dont il a réellement besoin.

Ce mode de vente et de consommation durables s’inscrit dans le mouvement du zéro déchet qui se développe et se démocratise en France et dans le monde depuis quelques années. Plus globalement, il permet donc la réduction des déchets d’emballage jetables et du gaspillage alimentaire, la création de lien social et la redynamisation de l’économie locale.

Mais il ne faut pas oublier que le vrac fait partie intégrante de notre vie quotidienne. Toutes les enseignes en proposent. L’achat de fruits et légumes chez un primeur ou au rayon LS, ou l’achat de fromages chez un crémier-fromage, c’est du vrac ! Et comme l’indique Célia Rennesson, « On parle à ce moment-là du « vrac du frigo », celui qui concerne les produits frais. Grâce aux épiceries de vente quasi vrac ou d’un simple rayon vrac, on s’intéresse au « vrac du placard » alimentaire (secs) et non alimentaire (détergents, cosmétiques). »

A qui s’adresse le vrac ?

Le vrac s’adresse à toutes les catégories socio-professionnelles, sans limite d’âge. Il peut autant plaire aux CSP+ qui souhaitent manger mieux qu’aux étudiants qui ont des besoins alimentaires et un budget restreints » détaille Célia Rennesson.

Les consommateurs se soucient de réduire leur empreinte écologique en réduisant les déchets liés aux emballages et en limitant au maximum le gaspillage alimentaire. C’est ainsi que les Français sont vigilants à 47% sur la quantité de déchets induits par leur mode de consommation voire de vie.

Le vrac peut cependant paraître contraignant au premier abord. Il faut anticiper ses courses en préparant les contenants nécessaires pour accueillir les produits.

La directrice de Réseau Vrac est lucide sur ce point mais reste positive : « les consommateurs actuels devront bien sûr adopter de nouveaux réflexes.

Nous avons perdu l’habitude d’anticiper l’équipement pour faire nos achats avec la disparition des consignes par exemple. »

Cependant, prenons l’exemple de l’interdiction des sacs en plastique : il a contraint les clients à s’adapter. Cela s’est finalement passé sans heurt. Nous avons tous à porter de main un cabas réutilisable lorsque nous nous rendons en magasin.

Pour le vrac, c’est la même chose. « S’organiser en amont et prendre le pli sont les mots d’ordre. Une fois cette nouvelle habitude mise en place, l’effort que ce changement d’habitude a nécessité au départ disparait très rapidement. »

Les épiceries vrac sont là pour accompagner leurs clients. Ils proposent des contenants disponibles sur place en achat, en consigne ou en don.

Les limites du vrac

Le vrac s’inscrit dans une tendance durable de consommation : consommer la juste quantité, consommer mieux. Mais le modèle rencontre quelques limites à dépasser pour garantir la stabilité du marché. Actuellement les épiceries quasiment 100% vrac sont circonscrits à de petits volumes, elles n’excèdent pas les 60m2.

Ces petites surfaces de vente sont également liées aux ressources humaines nécessaires pour garantir un niveau d’offre maximal. Il faut que la présentation des produits soit toujours irréprochable. Rien ne doit trainer pour rassurer le consommateur sur l’hygiène et les conditions de stockage des denrées.

Aussi, le vendeur occupe un rôle fondamental au sein de l’épicerie. Les consommateurs attendent du conseil et de l’accompagnement quel que soit le type de commerces, mais encore plus dans une épicerie quasiment 100% vrac.

Le vendeur- conseil initie les petits nouveaux à la pesée des contenants, leur propose ces derniers s’ils ne sont pas équipés, recommande tel ou tel produits, etc.

Il existe également des freins réglementaires importants sur certains produits. Tous ne sont pas accessibles à la vente en vrac tels que l’huile d’olive obligatoirement conditionnée par crainte du trafic de contrebande. Il est aussi impossible de vendre les produits « SIQO » comme les AOP (Appellation d’Origine Protégée), les AOC (Appellation d’Origine Contrôlés) et les IGP (Indication Géographique Protégée).

Leurs cahiers de charges imposant l’emballage sur le lieu de production. C’est pourtant un comble pour ces spécialités locales qui trouveraient facilement leur public auprès des acheteurs du vrac.

Les autres freins sont d’ordre technique et économique. Le jus d’orange par exemple ne peut être pressé à la demande par souci d’hygiène. Il existe bien sûr les machines pressoirs en libre-service mais elles nécessitent un fort investissement. Les épiceries proposeront donc du pré-emballé.

Un réseau pour structurer la filière VRAC

Pour répondre aux problématiques évoquées, le rôle de Réseau Vrac est de structurer les quatre piliers qui soutiennent cette filière :

LA RÉGLEMENTATION :

Il lui faut clarifier, sécuriser et faire évoluer le cadre législatif en faveur du développement du vrac. Elle a d’ailleurs élaboré une formation aux « bonnes pratiques d’hygiène de la vente en vrac » complétée par un guide. Une véritable bible pour une bonne gestion des différents rayons vrac ;

LES COMMERCES :

Il est important de favoriser l’ouverture et l’accroissement de commerces en vrac en accompagnant les actuelles et futures épiceries dans les différentes étapes de leur projet. Réseau Vrac a mis en place une formation spécifique pour « monter son projet d’épicerie vrac » ;

LES CONSOMMATEURS :

L’objectif est d’encourager les clients à faire leurs achats en vrac en les informant sur les pratiques à observer et en leur offrant une gamme large de produits pratiques et hygiéniques.

 


 

Extrait de

La revue du détaillant :N°584 – Janvier/Février 2018

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